Le toucher est l’un des éléments forts de la communication non verbale. Admis en situations informelles voire personnelles, il frôle l’intimité et obéit aux règles sociales et culturelles très codifiées dans chaque culture. Le toucher survient lorsque la distance sociale est réduite à zéro pour établir le contact du corps à corps, le plus souvent une poignée de main, parfois une accolade, parfois une embrassade de convenance. Tout cela dans la sphère publique qui nous intéresse.
La poignée de main est de loin une forme de contact physique la plus répandue et la plus universelle. Pour faire bonne impression, elle doit être énergique, ni trop faible, ni trop forte, durer juste le temps de saluer la personne et établir le contact visuel en même temps.
Le plus souvent, dans les situations professionnelles et publiques, les gens ne transgressent pas ces règles tacites, mais il arrive aussi des faux-pas par ignorance ou prémédités lorsque la personne veut consciemment marquer sa position sociale, prendre l’ascendant sur son interlocuteur, l’ignorer d’une manière ostentatoire, ou lorsqu’elle est elle-même particulièrement tactile de nature. Un tel comportement peut provoquer le malaise chez la personne touchée, abimer une relation ou être l’objet d’une plainte ou d’un conflit.
Les règles du protocole diplomatique qui prennent leurs sources dans le savoir-vivre historique établissent avec précision comment les interlocuteurs assumant les fonctions officielles peuvent établir le contact physique sans que cela fasse l’objet du moindre malentendu. De mon point de vue, ça facilite beaucoup de choses et évite les gaffes. Ce même protocole peut être plus souple quand la rencontre implique les personnes du même âge et du même rang, en revanche il est beaucoup plus stricte lorsqu’il s’agit des monarques ou des personnalités religieuses. D’ailleurs, l’observation de ces règles est l’une des manières de témoigner son respect non seulement envers une personne, mais également envers le poste qu’elle occupe et envers le pays ou l’entreprise qu’elle représente.
Cependant, comme dans chaque domaine de nos jours, il existe des conseillers et des influenceurs qui préconisent de bousculer toutes ces règles dans le seul but de montrer sa supposée supériorité, sa maîtrise de situations et son ego débordant. Nous pouvons le constater le plus facilement dans le domaine politique, pour deux raisons. Premièrement, ce milieu regorge des personnages du type alpha dominateurs, deuxièmement leurs actions sont visibles et accessibles grâce aux médias. Et là, nous avons le spectacle d’une danse permanente entre ceux qui touchent et ceux qui sont touchés. Les accolades plus ou moins forcées, les étreintes qui sont un moyen de marquer les points et n’ont aucune cordialité naturelle. Le top absolu, c’est le président d’un pays qui a non seulement fait une accolade au pape, mais qui a essayé en même temps de le faire tourner et bouger de są place en le tirant sur son coude. Savez-vous de qui il s’agit? J’ajouterai que c’est un récidiviste en la matière qui touche tout le monde d’une manière compulsive.
J’ai cité cet exemple anecdotique et pourtant vrai, pour illustrer l’importance du toucher dans les contacts professionnels et aussi l’importance de suivre les recommandations des spécialistes, pas les „coachs en séduction et en confiance en soi”.
