Les modèles des comportements et de la communication violents sont répandus au sein des sociétés et se transmettent surtout à travers les contacts familiaux et professionnels. Par manque d’alternative visible et accessible, et aussi par la force des convictions internes renforcés par l’expérience de vie, la violence devient souvent socialement acceptable, et même érigée en modèle à suivre. Toutefois, tôt ou tard, cette même violence revient vers son auteur et le fait souffrir à son tour. Est-ce vraiment inévitable?
Casser le cercle vicieux de la violence transmise est aujourd’hui un enjeu crucial pour de nombreuses sociétés. Qu’elle soit physique, émotionnelle ou psychologique, la violence a souvent des origines profondes et complexes, d’où la difficulté de l’éradiquer. Voici plusieurs approches et actions conjuguées qui peuvent contribuer à briser ce cycle destructeur.
Éducation et sensibilisation de la société à la non-violence à travers des programmes dédiés dans les écoles qui enseignent la résolution pacifique des conflits, la gestion des émotions et les compétences personnelles de la communication non-violente. Cette démarche s’adresse également aux parents et éducateurs de proximité en leur proposant des cours et des ateliers pour les aider à adopter des techniques de discipline positive et à éviter les comportements violents.
Support psychologique et émotionnel aux victimes par la voie de la thérapie individuelle et familiale. Faciliter l’accès à des services de conseil et de thérapie pour les personnes et les familles touchées par la violence aide à comprendre les origines et les mécanismes de celle-ci pour ensuite modifier les comportements. Dans le même volet, on peut également créer des groupes de parole et de soutien pour les victimes afin qu’elles puissent partager leurs expériences, se sentir moins isolées et apprendre des stratégies pour s’en sortir.
Interventions précoces par le repérage des comportements à risque et les programmes de prévention efficaces: la formation des enseignants, des travailleurs sociaux et des professionnels de la santé pour identifier les signes de violence domestique ou de comportements agressifs, surtout chez les enfants et les adolescents. Ce volet d’action consiste aussi à mettre en place des programmes ciblés pour les enfants à risque, tels que des activités parascolaires, des mentorats et des interventions éducatives.
Au-delà du cercle familial et scolaire, la prévention et les interventions précoces s’adressent également à l’environnement professionnel où la violence s’apparente au harcèlement (moral et physique) visant les adultes entre eux.
Renforcement des lois et des politiques en la matière incombent aux autorités gouvernementales, législatives et les ONG par leur pouvoir d’impact sur les démarches officielles et les prises de décisions. La législation doit être stricte: renforcer le système législatif et veiller à l’appliquer correctement. Les agresseurs tenus responsables de leurs actes et les victimes dûment protégées, notamment par la mise en place des refuges, des lignes d’assistance téléphonique et des services de soutien juridique.
Promotion de modèles positifs surtout dans les médias, pour donner plus de visibilité aux exemples vertueux des comportements non-violents et des solutions pacifiques aux conflits. Faire appel aux leaders communautaires, les figures religieuses et les célébrités pour porter et soutenir les messages de paix et de la non-violence.
Autonomisation économique et sociale des victimes potentielles à travers les programmes de formation et d’emploi pour leur fournir une alternative viable positive et les aider à se sortir de la pauvreté et des environnements toxiques. Dans le même volet, il est tout aussi important d’aborder les causes structurelles de la violence, telles que l’exclusion, la stigmatisation et les inégalités sociales d’une manière générale.
Changement de normes culturelles est une action à long terme visant à déconstruire les stéréotypes de genre ou de race qui peuvent justifier ou normaliser la violence. La responsabilité sociale collective souhaitée vise un modèle sociétal où chaque membre de la communauté se sent responsable de la sécurité et du bien-être des autres, sans différencier.
Briser le cercle vicieux de la violence transmise nécessite une approche multi-facette et la coopération de divers acteurs de la société, y compris les gouvernements, les organisations non-gouvernementales, les écoles, les communautés locales et les familles. C’est un effort de longue haleine, mais avec des interventions cohérentes et coordonnées, il est possible de créer un environnement plus sûr et plus pacifique pour tous.
