Il existe des formations spécialisées qui sont destinées aussi bien aux particuliers qu’aux professionnels : les cadres RH, les dirigeants de sociétés, les associations, etc. Lors de ces séminaires, ils apprennent tout d’abord à identifier le harcèlement ou le mobbing selon les 45 critères faisant référence dans la jurisprudence qui s’appuie sur les travaux scientifiques de Heinz Leymann, et classifiés selon 5 principaux groupes d’atteinte:
- la communication,
- les contacts sociaux,
- la réputation,
- la situation professionnelle,
- la santé,
- les biens matériels.
Durant ces formations, les participants apprennent en outre, comment et à quel moment on peut prévenir le harcèlement ou sortir de son cercle vicieux, en mettant en place les stratégies personnelles (le développement de l’assertivité et de l’intelligence émotionnelle, la bonne communication, les relations équilibrées et les recours légaux possibles) ou institutionnelles (la charte anti-mobbing de l’entreprise, la communication interne et la diffusion de l’information).
Tous ces sujets sont, bien sûr, traités et illustrés par les études des cas réels. Ces formations ne sont pas adressées particulièrement aux femmes, mais plutôt à tous les acteurs de la vie sociale de l’entreprise, eu égard à leur fonction dans l’organisation. Dans la conscience collective, il y a un cliché qui associe la femme au statut de victime du harcèlement sexuel, mais ce raccourci «genre» est très réducteur. Les hommes peuvent également se retrouver dans la situation du harcèlement, aussi bien sexuel que moral.
Il y a bien sûr des entreprises qui demandent ces formations. Toutefois, nous sommes encore loin de certains pays où les entreprises prennent des initiatives pour agir en amont et prévenir le harcèlement. Dans ces pays, il existe p.ex. des lois qui imposent la mise en place d’une politique anti-harcèlement au sein des établissements de l’administration publique. Ceci implique également la création de procédures spécifiques et le monitoring permettant d’identifier les situations à risque, d’agir immédiatement, liquider les dégâts et en tirer les conclusions dans l’avenir.
Les victimes peuvent s’adresser de leur propre initiative aux médecins de travail, aux psychologues, psychiatres et coachs dans le privé, afin de mieux faire face et se reconstruire. Le choix du professionnel sera alors déterminé par l’état de santé de la victime et sa préférence personnelle.
Mis à part le travail sur soi et de l’apprentissage de ses droits, j’encourage toute personne qui se sent menacée à en parler à une personne de confiance ou à un professionnel qui pourra l’aider à mieux évaluer la situation et passer le cap. Le harcèlement peut toucher tout individu vivant en société, quel que soit son profil socioprofessionnel. Et c’est la bonne gestion de cette situation douloureuse qui lui permettra de dépasser les difficultés au lieu de sombrer.
